2011 : L’ANNÉE DE TOUS LES CHANGEMENTS
L’année 2011 a été pour le moins particulière et ce, à bien des niveaux. Elle aura vu la jeunesse de nombreux pays du Proche-Orient se soulever et sortir de la noirceur politique, non pas pour se fondre dans le moule occidental (comme le voudraient de trop nombreux commentateurs politiques), mais bien pour avoir enfin ne serais-ce qu’un mot à dire sur leur propre avenir. En Égypte, en Lybie, en Tunisie et en Syrie, la situation continuera d’évoluer dans les prochains mois et du chaos social naîtra, espérons-le, un ordre politique nouveau. L’année a aussi été propice, chez nous, à de nombreuses transformations (plus modestes) sur le plan politique. Le NPD a décimé les rangs des députés bloquistes et Stephen Harper a finalement réussi à obtenir – hélas ! – sa majorité, mettant déjà les institutions parlementaires au pas : huis clos, bâillons et nominations partisanes se sont succédés jusqu’à l’ajournement des travaux il y a quelques jours. À cela s’ajoute une propension toute particulière à l’exaltation des symboles monarchiques. Élizabeth II et le prince Philip ont la cote au cabinet du premier ministre ! Au Québec, une nouvelle formation politique, la Coalition Avenir Québec, a le vent dans les voiles alors qu’en début d’année, le PQ de Pauline Marois trônait toujours en tête des sondages.
Alors que tout semblait aller pour le mieux du côté du Parti Québécois, qui est sortit de son congrès d’avril dernier en donnant un appui inégalé de plus de 93% à sa chef Pauline Marois, voilà que le parti de René Lévesque est menacé de disparition à court terme par la venue d’un nouvel – ancien – joueur sur la scène politique : François Legault. Rapidement, la Coalition avenir Québéc (CAQ) a attiré des joueurs de toutes les familles politiques, provoquant même le sabordage de l’ADQ à la mi-décembre. Si l’animateur d’un « mouvement politique » de réflexion (c’était ce qu’était la CAQ au début de l’année) pouvait se permettre de rester sur la touche, jusque là, dans de nombreux dossiers, le premier aspirant au poste de premier ministre (selon tous les sondages) et nouveau chef de parti devra donner, et rapidement, la mesure de son programme politique. La force de Legault, à ce sujet, est à la fois son plus grand atout et son pire défaut. L’opinion publique, rebutée par les deux partis « traditionnels », est visiblement prête à faire un ménage politique aux prochaines élections générales. Legault, qui a l’avantage d’être connu et d’avoir une certaine expérience du pouvoir, est revenu et a proposé un plan de match qui s’articule autour de quelques idées fortes (éducation, santé, économie), donnant rapidement l’impression d’avoir un plan de match clair et de pouvoir mener à bien les réformes qu’il a mis de l’avant. Si l’image d’entrepreneur et de gestionnaire de Legault a pu charmer une grande frange de l’opinion publique, le début de l’année 2012 devra être le moment pour lui de raffiner son discours et de se doter d’une réelle stature d’aspirant chef d’État.
En ce sens, il ne pourra plus contourner certaines questions sous le prétexte d’un programme qui reste à élaborer ou de stratégies politiques qui ne peuvent être dévoilées. L’on attend d’un chef de gouvernement une certaine profondeur intellectuelle qui lui permet de naviguer sur un très vaste éventail de dossiers sans donner l’impression de louvoyer. Déjà, son fameux « on verra » semble lui coller quelque peu à la peau. Si certaines de ses idées, notamment dans la restructuration du réseau des commissions scolaires ou dans la redéfinition du rôle de la Caisse de dépôt, sont plus que pertinentes, il devra – et vite – se prononcer sur l’environnement, la lutte à la pauvreté, etc.
Il sera, sans aucun doute, la cible de toutes les attaques en 2012 et son sort, de même que celui de sa nouvelle formation politique, reposera en bonne partie entre les mains de Jean Charest. C’est lui qui décidera de la date des prochaines élections et, à voir les taux d’insatisfaction à son égard et les intentions de vote qui relèguent son parti en seconde place, il pourrait être tenté de repousser les limites de son mandat jusqu’à l’automne 2013 …
Avec la CAQ, Québec solidaire est la formation politique qui a le plus à gagner d’un prochain scrutin général. Il y a un mois à peine, à la sortie de son congrès, même le chroniqueur Jean Lapierre lui reconnaissait, sur les ondes du 98,5, un sérieux certain et un réalisme politique qui pourrait lui permettre, enfin, d’engranger des gains en sièges. Il n’est pas impossible, après la vague néodémocrate qui a déferlé sur le Québec, qu’un pareil mouvement puisse se reproduire en faveur du parti de Françoise David et d’Amir Khadir. Dans de nombreux dossiers, notamment celui de l’entente entre Quebecor et la ville de Québec, QS a été la seule formation politique à préserver un minimum de sens de l’État et à considérer que notre Assemblée nationale n’est pas un instrument au service des grandes corporations. Lors de la partielle dans Bonaventure, la candidate solidaire a attiré près de 10% des appuis et il suffirait, par exemple, d’une campagne positive et d’un bon débat des chefs pour que les appuis se multiplient pour ce parti de gauche. S’il y a une chose que les dernières années nous ont prouvé, c’est que l’opinion politique est de plus en plus volatile et fragmentée et que les châteaux forts politiques n’existent plus. Le parti qui, autrefois, ne suscitait que les moqueries dans les rangs péquistes (on l’appelait même “Québec Solitaire”) pourrait désormais devenir, après le prochain scrutin, le seul véhicule progressiste du mouvement indépendantiste au Québec.



Belle analyse. Ce que j’aime de QS, en dehors bien sur de mon net penchant pour ses idées de gauche, c’est sa “droiture” politique ! Je nous souhaite au moins 5 députés aux prochaines. C’est pas rever en couleur. N’oublions pas que le PQ de Réné Levesque avait remporté 7 député en 1970, pour ensuite prendre le pouvoir. Si les québécois sont logiques avec eux-meme, l’élection de 59 députés NDP du Québec aux dernieres élections fédérale est remplie de promesse. Sauf que le NPD est un partie fédéral, donc fédéraliste. Qs et ON sont les seuls partis politiques du Québec a pouvoir ralier la gauche souverainiste. Assiterons-nous a une division des votes?